Chronique de la présidente

Le mentorat, pour mieux soigner

« En 1975, je débutais comme jeune infirmière dans une unité de grossesses à risque élevé. Inutile de préciser qu’il s’agissait d’un domaine ultraspécialisé où tout allait très vite. On côtoyait des futures mamans inquiètes et également, de la souffrance fœtale. J’étais novice, impressionnée par cette pratique, mais j’avais envie d’apprendre et surtout, de faire la différence pour mes patients. »

Être à l’écoute

À cette époque, j’ai eu la chance d’être prise sous l’aile de Thérèse, une assistante infirmière-chef. Un lien s’est créé, elle voyait en moi un potentiel, j’étais ouverte à ses enseignements, bref il y avait une écoute mutuelle. Rapidement, elle est devenue mon mentor, de façon informelle. La façon qu’elle avait de m’expliquer les cas complexes et de faire une rétroaction sur mes interventions ont été déterminants dans ma carrière.

Partager les succès

Au fil du temps, de l’expérience gagnée et des compétences acquises, je suis moi-même devenue mentor. Comme je l’avais vécu, c’est un accompagnement informel, mais avec des retombées concrètes. Les jeunes se sentent en confiance d’échanger, je suis là en appui. Certains ont vécu des situations difficiles, je leur faisais voir l’autre côté de la médaille ou je les accompagnais dans certaines rencontres. Le sentiment de faire la différence pour autrui est valorisant, ma satisfaction au travail grandissait! De plus, partager un succès est tellement agréable!

Un lien déterminant

En plus de resserrer les liens dans une équipe, le mentorat nous donne l’impression d’appartenir à un groupe et pousse à développer une assurance, d’un côté comme de l’autre. Chaque infirmière expérimentée peut servir de mentor à une infirmière de la relève afin que celle-ci s'intègre dans son nouveau milieu de travail.

Nouvellement retraitée du Réseau de la santé, je souhaiterais voir le mentorat être encouragé et valorisé. Plusieurs de mes consœurs partiront à la retraite au cours des prochaines années, elles possèdent des connaissances organisationnelles, scientifiques et humaines qui ne doivent pas être perdues. Notre relève est prometteuse, ne la privons pas de ces notions qui ne s’enseignent pas nécessairement sur les bancs d’école.

 

Lyne Tremblay
Infirmière durant 41 ans
Présidente de la Fondation de l’OIIQ