L’infirmière en pédiatrie sociale : proche des familles

Auteure : Nathalie Boëls

Noémie Ouellet a commencé à travailler en pédiatrie sociale à la Fondation du Dr Julien, à la mi-juillet 2016. Infirmière clinicienne, elle connaît bien la pédiatrie pour avoir travaillé plus de trois ans à l’hôpital Sainte-Justine.

Enseignement

À son arrivée à la Fondation, elle a collaboré avec l’équipe pour concevoir une vision commune du rôle de l’infirmière en pédiatrie sociale. « C’est beaucoup d’enseignement aux familles », constate Noémie. « On peut donner des conseils sur le sommeil de l’enfant, sur comment répondre à ses besoins, assurer sa sécurité, collaborer avec un pharmacien pour voir quel médicament est pertinent et transmettre l’information à la famille ».

Noémie Ouellet est présente à chaque premier rendez-vous d’une famille. « Je trouve important que les familles me voient lors de cette visite. En plus de permettre une première prise de contact pour établir mon lien de confiance, cette rencontre est idéale pour expliquer mon implication auprès des enfants et de leur famille », explique l’infirmière.

Ressource pour tous

Lorsque les parents demandent à voir un médecin en disant « mon enfant a la diarrhée, il vomit depuis trois ou quatre jours », l’infirmière procède d’abord à l’évaluation, puis détermine la gravité ou l’urgence du problème de santé ainsi que le suivi clinique requis. « Si une consultation médicale est nécessaire, je présente au médecin de la clinique les résultats de mon évaluation et mes recommandations. Parfois je dirige plutôt la famille vers le travailleur social qui sera en mesure de faire des démarches pour les aider », ajoute-t-elle. C’est à partir des besoins que les intervenants et l’enfant (et bien souvent ses parents) établissent ensemble les actions prioritaires.

« Mon travail offre aux familles un accès rapide à un professionnel de la santé. Je suis plus flexible et accessible que le médecin qui a ses cliniques. Les familles apprécient que le suivi se fasse plus rapidement », avoue l’infirmière.

Noémie confie avoir le travail rêvé. « Je veux saisir les occasions pour faire grandir mon rôle. Je vois tellement d’avenues concrètes. » Pour cette jeune infirmière, impliquer les patients dans les décisions est un élément clé de son approche. « Il faut combiner l’expérience des familles avec notre expertise de professionnels de la santé si on veut que les interventions fonctionnent et surtout, perdurent dans le temps. Ça a une valeur pour moi quand les parents disent qu’ils ont essayé tel médicament avec leur autre enfant et que ça ne fonctionnait pas. »

Invitée à partager une histoire où elle a vu l’importance de son rôle, Noémie raconte avoir accompagné un jeune patient autiste et sa mère qui ne parlaient pas français et difficilement anglais, à un rendez-vous chez le neurologue. « Leur première expérience avait été plus difficile avec le docteur, peut-être à cause de la barrière linguistique. Ma présence a été un baume, autant pour le médecin qui savait que l’information serait bien saisie, que pour la mère qui était rassurée et épaulée. L’accompagnement de cette famille allait au-delà du trajet; c’était de prendre le temps de la mettre en confiance, de lui expliquer le jargon médical et de lui donner des conseils pour vivre avec cette condition particulière au quotidien. » L’infirmière qui œuvre en pédiatrie sociale est une professionnelle clé qui apporte une plus-value concrète aux familles.

La Fondation du Dr Julien et le CIUSSS du Centre-Est-de-l’Île-de-Montréal ont reçu la subvention Pour mieux soigner en 2015, qui permet la formation et l’intégration d’infirmières cliniciennes au sein du mouvement de la pédiatrie sociale en communauté afin d’améliorer les services offerts aux enfants vulnérables et à leur famille.